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Livre : Bal au palais Darelli

Je viens tout juste de finir Bal au palais Darelli de Janine Montupet. J’avais acheté ce roman sur les conseils de Jeanne une rédactrice du Journal des Femmes que j’ai rencontré quand je travaillais pour le magazine. Apprenant que mon fils s’appelait Calixte, elle m’avait dit avoir lu un roman dans lequel un beau Calixte rendait folles d’amour deux sœurs. Avec mes projets d’installation à San Francisco, j’avais mis de coté et un peu oublié ce livre que j’avais pourtant immédiatement acheté. Mais il y a 10 jours nos meubles et nos affaires, après avoir traversé les océans, me sont enfin parvenus. En ouvrant mes cartons le livre est tombé dans mes mains et je n’ai pu le reposer   qu’après l’avoir terminé.

L’histoire raconte la vie et l’ascension sociale de deux sœurs entre 1870 et 1950. Ces deux petites orphelines qui commencent à travailler à l’usine de chaussures de Romans dès l’âge de 8 ans sont se déchirer pour l’amour du beau Calixte. Cessons là pour l’histoire, je ne compte pas ici faire une fiche de lecture de ce livre.

Tout d’abord ce qui m’a plu c’est de pouvoir étudier mes réactions en lisant plus de 600 pages qui parlent d’un Calixte. Au début j’avais envie de pleurer à chaque fois que je voyais ce nom ce qui gênait un peu ma lecture. J’avais envie de féliciter à chaque instant cette femme d’avoir pris le nom si parfait de mon fils pour son personnage masculin principal. Puis, au fil des pages, j’ai oublié. Dans la dernière partie du livre, l’un des petits-fils de Calixte donne ce prénom à son fils. Et à partir de là j’ai commencé à me dire (de façon plus ou moins inconsciente que si j’avais un fils je l’appellerais ainsi). Quand j’en ai pris conscience j’en ai bien ri.

Mais voila tout ceci, une fois remarqué est bien stérile et complètement anecdotique. Ce qui m’intéresse vraiment dans ce livre et qui me parle c’est son coté féminin. J’ai dit plus haut que ce n’était pas de la très grande littérature mais je pense par contre que si j’avais choisi l’écriture plutôt que la photo pour m’exprimer, j’aurais pu écrire ce livre. Il m’évoque ce que je cherche à dire avec mes images. Il est écrit par une femme, et je pense qu’il parle aussi plus aux femmes qu’aux hommes (même si ce détail me dérange un peu et que je souhaite que ce ne soit pas le cas pour mes photos). Si c’est ce sont les hommes qui influent sur le destin de ces femmes se sont elles les héroïnes, les seuls vrais personnages de l’histoire. D’ailleurs l’auteur fait le choix de leur offrir de vraies personnalités, des physiques bien identifiables alors que les hommes qui les entourent ne sont reconnaissables que par le regard qu’ils portent sur ces femmes. Au début du roman elles sont deux petites sœurs orphelines à la fin, elles sont sept femmes réparties sur trois générations toutes plus fortes et décidées les unes que les autres.

Si les deux thèmes forts sont ici l’amour et la jalousie, ils influent sur ce qui moi m’intéresse bien plus : la famille et les bagages qui se transmettent, se remplissent et se vident, de génération en génération.

Merci Jeanne pour m’avoir découvrir ce livre que je n’aurais sans doute jamais lu autrement et bravo à Jeanine Montupet d’avoir trouvé les mots que je ne trouverai surement jamais. A moi de travailler maintenant.