Mon travail en noir et blanc lors de ce voyage me permet de jouer avec notions qui m’intéressent. J’étudie les cadrages, pour montrer la distance entre ces lieux, ces gens et moi; je photographie aussi comme si j’écrivais dans un journal de bord. Les images du poisson, de la pierre sont sont un bon exemple.
Ce travail, réalisé aux beaux-arts, n’a pas “trouvé son public” à l’école (encore une fois des évaluations pas terribles).
Mais c’est en échouant qu’on apprend le plus. Aujourd’hui encore ce travail, même s’il est loin de ce que je fais, m’intéresse.
Il s’agit là de créer des objets qui changent le corps, qui lui permettent d’aller plus loin, de se grandir, de se protéger mais qui contraignent aussi beaucoup. Avec le recul j’assume, encore aujourd’hui l’esthétisme des objets et le traitement de certaines images

J’ai réalisé ce travail en deuxième année de beaux-arts. Cette poupée de chiffon mesure exactement ma taille. Elle est faite d’un tissu rouge vif. J’ai mis longtemps à lui trouver une place, un but. En la fabricant je n’ai pas assez pensé au Pourquoi, je prenais sans doute trop plaisir au Faire. A découvrir les matériaux… Après une évaluation bien râtée, je n’arrive pas à me séparer de cette chose avec laquelle j’ai planté mon année mais que j’ai passé tant d’heures à faire. Elle passe un été au soleil, et là l’image devient évidente. Ce gros sac, je le trimbale et l’abandonne, c’est ma chose, un corps féminin utilisé et abandonné. Je n’en garde que cette série de photos puis abandonne définitivement mon jouet dans une benne.